Annie, notre première hôte à Lima

Annie, 74 ans, Française originaire de Bergerac, vit au Pérou depuis son mariage en France avec un architecte péruvien en 1965. Son mari est venu en Europe pour se former et voulait revenir travailler pour son pays, Annie l’a suivi. Nous l’avons rencontrée sur un site de partage d’habitation, elle nous a très chaleureusement accueillis et une grande complicité s’est naturellement construite. Nous étions curieux de connaître sa vision du Pérou et du monde en général à travers ses grands yeux souriants.

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Annie – « Je suis enchantée d’avoir été poussée par des amies à devenir une maison d’hôte. Avec la grande compagnie de Nathalie, une de mes filles, nous avons ouvert le Tambo de l’Orangerie aux voyageurs du monde. Après un voyage éreintant, je suis heureuse de pouvoir leur offrir cet espace de calme et de sérénité, avec un petit brin de nature pour qu’ils puissent tranquillement reprendre leur souffle. »

Nathalie: « Je suis contente d’avoir ouvert le Tambo aux voyageurs depuis quelques semaines à peine, et de partager cette habitation construite par mon père avec les touristes et ceux qui sont de passage. Bienvenue au Pérou et a à Lima en particulier, cette maison de charme vous attend les bras ouverts. »

– Annie, comment décrirais-tu ton pays d’adoption, le Pérou?

«  C’est le pays de ma famille, de mon mari, de mes filles, mes gendres et mes petits enfants. Je ne renie pas mes origines, je suis à la fois française et profondément péruvienne. C’est mon pays ; je souffre de ses peines et me réjouis de ses joies.
C’est un pays extraordinaire qui n’a jamais fini de se définir. Un pays millénaire de diverses cultures, mais qui vit une étape d’adolescence, parce que l’intégration n’est pas faite. Nous avons encore des chemins à parcourir les uns envers les autres. En apprenant à mieux nous connaître, à nous accepter et nous estimer pour donner de la valeur à chacun, et aussi donner la parole à tous, avec respect. Sans trop verser dans l’utopie, je crois que c’est dans cette direction que nous devons tous aller dans ce monde. Avoir le sens des autres à travers le respect, la connaissance et des sentiments comme « aimons comme nous voulons être aimés. »

– Comment vois-tu le monde aujourd’hui?

« Je pense que toutes les générations doivent se poser les mêmes questions à tour de rôle. Nos parents, nos grands-parents et arrières grand-parents se sont toujours angoissés pour le monde à venir, mais j’ai confiance, je vous fais confiance. Le monde d’aujourd’hui, je veux que vous l’aimiez, que vous le défendiez, que vous défendiez ses valeurs et ce qui est authentique, comme la Terre. Semez, et vous récolterez. Nous avons certainement commis beaucoup d’erreurs à travers l’idée du modernisme. Nous, les pays « en voie de développement » comme ils nous définissent, devons faire la juste mesure dans ce développement. Ce n’est pas dire que « nous avons la solution pour les autres », ce doit être un dialogue, autrement ce n’est qu’une imposition d’Idées qui amène des douleurs et des souffrances. On entend souvent qu’il faut développer les énergies, exploiter les ressources, mais ça n’est pas cela le développement. C’est s’ouvrir au monde, avec respect et avec le sentiment que le monde est peuplé d’êtres humains. Ce monde appartient à une Terre maintenant globalisée. Nous avons fait de graves erreurs, mais il faut prendre le juste équilibre de la globalisation, et savoir aussi lutter contre ses dangers. Ce n’est pas revenir en arrière, mais aller de l’avant avec nos intelligences et nos dialogues. C’est construire et savoir reconnaître ses erreurs avec humilité, puis modifier, rectifier. Aller de l’avant et permettre aux autres générations de vivre dans un monde meilleur. »

– C’est comme ça que tu rêves le monde de demain?

« Bien sûr. Il ne faut pas faire l’erreur de penser que le monde se termine avec nous. Nous avons peut-être trop récolté, et nous avons oublié de semer. Il est toujours temps de semer, de reconstruire. Semer ça veut dire trouver la graine qu’il faut, savoir la placer, et aussi savoir la faire grandir. On ne peut la faire grandir que lorsque l’on crée l’ambiance favorable.
Ce sont ces petites graines que vous allez semer, et que nous continuerons à semer tous ensemble pour que ces plantes donnent des fruits qui donneront de nouvelles graines, et ainsi de suite, de génération en génération.
Je ne suis pas faite pour les discours mais là, c’est sorti du cœur. »

Merci Annie.

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